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Banane Monsieur le prensident #Madagascar

Monsieur le Président, nous voilà au seuil d’une nouvelle année, et vous allez bientôt célébrer le deuxième anniversaire de votre mandat. Laissez-moi d’abord vous souhaiter, sobrement, sans fastes ni trompettes, une bonne année. Bonne année, bonne santé. La prospérité, le confort   D’autres en ont certainement plus besoin que vous ou vos proches… Je vous souhaite d’avoir de la vision pour arrêter de naviguer à vue, du cran pour rompre avec les mauvaises habitudes et les mauvaises personnes, de la détermina­tion pour amorcer enfin les projets que vous aviez pour ce pays et pour lesquels ceux qui vous ont élu vous ont mis à cette place, et de l’honnêteté, pour arrêter de vous voiler la face et de mentir par la même occasion à vos compatriotes.
Car, Monsieur le Président, contrairement à ce que vous semblez le croire (ou voulez le faire croire), et contrairement au ton apaisant de vos vœux à la Nation, tout ne va pas bien. Nous n’avons fait aucun pas significatif vers le développement. Tout n’est que saupoudrage, illusions et mirages. Les visages de la pauvreté ne cessent d’évoluer et de se réinventer, la classe moyenne n’existe presque plus, les gens mangent du chien, des rats ou des ordures, vivent les pieds dans l’eau. Mais le savez-vous seulement   En dehors de vos sorties médiatiques et médiatisées, jetez-vous un seul regard à cette population qui survit dans cette gigantesque poubelle qu’est devenue Madagascar
et aux commandes de laquelle vous vous trouvez
Femmes, hommes, jeunes, vieux, enfants, nourrissons…chacun avec ses problèmes qui pourraient vous sembler dérisoires, mais dont le cumul tue à petit feu l’âme même de la Nation. « Vais-je trouver à manger aujourd’hui   »,« Les chaussures de mon fils sont usées jusqu’à la corde mais je ne peux pas lui en offrir d’autres, que
faire   »,« Mon père est gravement malade mais l’hospitaliser coûterait trop cher…Il est assez vieux, alors… », « Je ne veux pas garder cet enfant. Je ne peux plus subvenir à ses besoins. Je veux le donner. », « J’aimerais continuer mes études mais mes parents n’en ont plus les moyens… » Autant de suppliques silencieuses qui ne sont peut-être que des broutilles face à vos « soucis » Monsieur le Président… Mais entre deux vols, entre deux réunions, entre deux parapheurs, ouvrez vos oreilles, ouvrez vos yeux, ouvrez votre cœur et entendez leurs voix… Elles ne sont pas encore d’outre-tombe mais, malheureusement, dans les conditions de vie actuelles, on peut rapidement passer de vie à trépas à Madagascar. Il suffit d’un rien…
Monsieur le Président, nous ne quémandons pas votre pitié. Nous ne voulons pas de vos discours. Nous voulons « juste » que vous nous démontriez que vous vous préoccupez réellement de notre sort. « Asa sy faharetana fa tsy fahagagana no hiteraka an’izany » disiez-vous.Travail  Retroussez vos manches, restez à Madagascar, parlez avec la population, travaillez pour elle. Patience   Accélérez un peu le pas s’il vous plait car des vies se brisent chaque jour, souvent de façon irréversible. Nous n’attendons aucun miracle de vous, « juste » une stratégie éclairée et réaliste, des actions concrètes, moins de cravates bleues et de distributions de vivres « pour la forme », mais plus d’humanité, de prise de responsabilité et d’initiative.
Monsieur le Président, les luttes pour le pouvoir (et ses avantages) auxquelles vous et vos semblables vous livrez nous écœurent profondément. Mais vous avez été élu (même à l’issue d’élections frelatées et insipides) et vous avez été assigné à ce poste pour 5 ans. Soit. Nous nous devons de respecter cet état de fait. Nous attendons. Nous vous surveillons, c’est notre droit. La redevabilité ne doit plus être un simple slogan mais un modus operandi permanent.
Alors, bonne année Monsieur le Président ! Commencez-la du bon pied. Descendez de votre tour d’ivoire. Montrez-nous que vous voulez aller de l’avant. Serrez-vous la ceinture. Faites des économies pour faire face aux prochaines inondations : annulez la présentation de vœux du 8 janvier ! Envoyez des cartes de vœux à vos invités. Renoncez au luxe de la vie de palais. Ceux qui raisonnent comprendront, les parasites s’insurgeront. La balle est dans votre camp…

Ketakandriana Rafitoson

De L’express de Madagascar

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