Scolarisation 2013 #MDG2013

L’éducation est par définition l’outil qui va garantir la pérennité de l’avenir d’une nation. Raison pour laquelle tant de pays consacrent des budgets considérables, cherchent a en améliorer les performances en se servant de ce qui marche chez le pays voisin. Ce qui se passe a Madagascar est un remake de ce qui a été initié dans les régimes qui se sont succédés depuis l’indépendance. Le dernier président en Date, Andry Nirina Rajoelina (ANR) a meme dit que ce ministère était budgétivore et que par les temps qui courent, ce n’était pas notre priorité; Quand il ne nous reste plus rien, les enfants (notre vrai richesse) ne sont ils pas notre priorité ??

Voici donc une étude qui a été menée avec les données de l’UNICEF et de la Banque mondiale. Je n’en suis pas ni l’initiateur, ni le rédacteur, mais simplement le rapporteur car il y a de fortes chances que ces documents n’aillent jamais jusqu’aux yeux du public et encore moins de certaines Hautes Autorités.

I . L’état des lieux de la scolarisation à Madagascar

En 2003, l’Etat a pris l’engagement de réaliser “la scolarisation universelle”, l’un des Objectif du Millénaire (OMD), en instaurant la gratuité de l’enseignement primaire. En 2005, les autorités s’engagent à atteindre les objectifs de l’Education pour Tous (EPT) à l’horizon 2015. Il s’en suit une évolution positive des effectifs dans le primaire passant de 3,6 millions en 2004-2005 à 4,3 millions en 2009-2010.

Mais la crise qui sévit à Madagascar depuis 2009, a affecté ; l’accès, l’équité et la rétention au niveau scolaire, comme le montre le tableau ci-après :
Scolarisation au primaire (en millier d’enfants)

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Les effectifs sont relativement stagnants
Le nombre des nouveaux entrants est également stagnant
Suite à la crise de 2009, Le nombre d’abandons a quant a lui considérablement augmenté alors meme que les effectifs sont relativement constants. Le pourcentage d’enfants abandonnant entre deux années scolaires est ainsi passé de 7,9 % en 2002 à 16,7 % en 2010. Entre 2009-10 et 2010-11, ce sont plus de 700.000 enfants qui sont ainsi sortis du système entre le CP1 et le CM1 et ce chiffre est en augmentation croissante. Ainsi sur 100 enfants rentrant au primaire, à peine 45 accéderaient actuellement au CM2. La décision d’abandon est dans la moitié des cas le résultat d’une décision subite prise par l’enfant lui-même. Les abandons sont par ailleurs deux fois plus nombreux en période de soudure.

Les enfants déscolarisés : Selon le diagnostique établi dans le cadre du Plan Intérimaire pour l’Education 2013-2015 (PIE) et des données de l’EPM 2010, environ 10% des jeunes n’accèderait jamais à l’école et plus d’un million d’enfants entre 6 et 10 ans seraient en dehors de l’école, soit pres d’un enfant sur 4 pour la tranche d’âge considérée.

Parmi eux, on peut distinguer :

(i) ceux qui n’ont jamais fréquenté
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(ii) ceux qui ont quitté prématurément l’école

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II. Principaux facteurs d’exclusion au primaire :

Les problèmes financiers sont cités comme raison de la déscolarisation dans 1/3 des cas. Il faut cependant distinguer les raisons liées à l’offre scolaire de celles liées à la demande.

Les problèmes liés à la demande de scolarisation prédominent avec plus de 3/4 des raison avancées selon l’EPM 2010. Ainsi, du coté de la demande, les couts directs prédominent pour les enfants de moins de 10 ans et, pour les + agés, cette raison se combine avec la nécessité de travailler. L’age et la perception négative de l’école arrivent respectivement en deuxième et troisième positions au niveau de la demande, traduisant un refus de l’enfants et/ou de ses parents de fréquenter l’école.

Du coté de l’offre, le non-fonctionnement de l’école est cité le plus fréquemment, de meme que son éloignement. Enfin, parmi les autres raisons, le refus du redoublement et le mariage et/ou la grossesse précoces sont souvent cités comme autres raisons.
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Selon les études qualitatives menées récemment, les ménages, les écoles et les communautés semblent représenter les principaux acteurs de l’exclusion

Au niveau des ménages, les difficultés économiques associées aux problèmes familiaux, aux problèmes de santé de l’enfant et à une faible valorisation des études expliquent une partie importante du phénomène de l’exclusion scolaire et engendrent des phénomènes aggravant comme le travail de l’enfant, des situation de honte et de démotivation et amène finalement un traitement différencié entre enfants face à la scolarisation selon le rang de naissance, le genre, le handicap ou encore le niveau de performance éducative.
Du coté des écoles, le cout des études, la faible qualité de l’offre éducative et des conditions d’étude ainsi que la distance et l’accessibilité des écoles expliquent une autre part importante du phénomène d’exclusion scolaire. Des traitements discriminatoires voire de la violence de la part des directeurs, des enseignants et des autres élèves sont également mis en avant comme facteur aggravant.
Au niveau des communautés, les préjugés sur les rôles sociaux, les blocages administratifs, le faible engagement à lutter contre le phénomène de l’exclusion scolaire, l’insécurité et la vulnérabilité climatique entretiennent des situations de forte exclusion scolaire
III . Contraintes et opportunités

Etant conscients des délais relativement courts pour préparer une campagne nationale et compte tenu du peu d’expérience de Madagascar dans ce type d’initiative, le min de l’éducation n’a d’autre solution que d’etre pragmatique et faire dans la simplicité.

Compte tenu des contraintes budgétaires et fiscales qui pèsent sur le secteur public actuellement, et a fortiori sur les services publics de l’éducation, toute mesure nouvelle viserait à réduire les couts de scolarisation sur les ménages et a une grande échelle serait particulièrement difficile dans le contexte actuel. Il en va ainsi par exemple des mesures d’appui financier à destination des ménages et des écoles, dont la construction d’un nombre important de nouvelles salles de classes, la baisse généralisée des frais de scolarité ou la formation accélérée de tous les enseignants FRAM qui dément néanmoins des objectifs à réaliser sur le moyen terme. Toutefois, des mesures ont été prises par l’Etat en vue d’alléger la charge de l’éducation sur les ménage, parmi lesquelles la distributions de kits scolaires à tous les élèves des EPP pour la rentrée 2013/14, l’appui aux cantines scolaire dans les zones les plus sensibles, la prise en charge des subventions FRAM pour une très large proportion des enseignants non-fonctionnaires, ou le paiement des caisses écoles. Cela dit, il serait délicat d’exiger des parents des efforts financiers supplémentaires dans le contexte actuel, compte tenu de la charge importante des couts d’éducation qui pèse déjà sur les ménages
Le Plan Interimaire pour l’Education 2013-15 (PIE) récemment adopté par le MEN identifie l’amélioration de l’accès à l’éducation de base comme l’un des principaux axes stratégiques du secteur.Les mesures préconisées pour réduire le nombreuse enfants exclus incluent la sensibilisation des parents et communautés, la mise en place de dispositifs par le MEN de cours de remise à niveau pour les enfants déscolarisés ou non scolarisés de moins de 10 ans, et le développement des offres d’alphabétisation accéléréedu type ASAMA pour les 11 à 18 ans en partenariat avec les ONG afin de leur permettrede passer le CEPE et de continuer sur une formation secondaire, technique ou professionnelle. Cependant, ces initiatives sont relativement nouvelles pour le MEN et les dispositifs de réinsertion des déscolarisés ou non-scolarisé du MEN ne sont pas encore mis en place ou ne sont disponibles qu’au stade de l’expérimentation mais pas à l’échelle nationale.

Certains DREN sont déjà sensibilisées et actives sur le problème de l’exclusion scolaire : certaines ont initié la formulation dees plans régionaux de lutte contre l’exclusion scolaire et un certain nombre a également mis en place l’approche contrat-programme et aidé au développement de projets d’établissement pour les écoles primaires, incluant parfois le dressage d’une carte des enfants exclus au sein de leur communauté

Les partenaires et différents acteurs, y compris les autres Ministeres intervenant dans le secteur éducatif et ceux de la société civile ou du privé, ainsi que les PTFs, ont des expériences et une offre potentielle à apporter une campagne de scolarisation, que ce soit au niveau national ou local, il en va également des communautés et des associationsFRAM, lesquelles lorsqu’elles sont bien impliquées et sensibilisées, peuvent représenter une formidable ressources en appui à la scolarisation ou rescolarisation et à la rétention des enfants dans le système éducatif.

Conclusion :

Ce plan de campagne national, s’il démontre une bonne volonté et une certaine lucidité dans l’approche, reste une fois de plus dans le domaine des suppositions. Car dans la réalités, les services de l’administration servent à d’autre fin et il n’est pas rare de constater que des retards considérables des décaissements de salaires. Les raisons évoquées sont pour contrer les actions de propagande du MEN candidat. Prendre en otage des enfants en bloquant le système administratifs relève tout simplement du crime.
Les espoirs sont tournés vers ces bailleurs UN, et rattaché, UE et AFD mais ces organisations ne sont pas la pour remplacer l’administration d’un pays. Meme s’ils sont contraints de déployer tous leurs efforts pour atténuer les impacts de cette crise sur les enfants, ils ne pourront jamais se substituer à un une structure administrative défaillante.

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