On ne demande qu à en rire, #Mdg2013

A voir la tournure des événements, et tous ces personnages aussi crédule, on se demande lesquels de tout ce cirque sont le plus ridicule ;

  • Ceux qui n’ont plus honte d’annoncer de bonnes actions et appliquent exactement le contraire
  • Ceux qui croient encore une fois que les bonnes intentions sont sincères et qu’elles ne permettront une sortie de crise

Il nous suffira de quelques jours pour nous rendre compte que la situation est ingérable et qu’envisager de tenir une élection dans ces conditions relève d’une pure folie. Fallait il attendre tout ce temps pour finalement revenir à la case départ de 2009 en se retrouvant à nouveau dans la rue ? Quant aux jusqu’au-boutistes, en fait ils n’ont plus vraiment le choix. Investir autant de son propre argent (ou sale) ou celui de partenaires revient tout simplement à bruler ce magot sans espoir de retour sur investissement…

Quand allons nous enfin comprendre que celui qui bloque réellement ce processus est ANR ? Toutes les démarches qu’il met en œuvre ne sont la que pour continuer à exercer ce pouvoir d’une main de maitre. S’il faut aller aux élections, il est prêt, mais à condition que ce soit lui qui les organise. S’ils se sentait si fort que cela d’affronter la décision du peuple au travers des urnes? pourquoi ne lâche t il pas du leste au pouvoir en laissant le PM terminer le travail que lui a confié cette FDR ? La vérité est qu’il n’est pas serein. Meme en position de Force, il n’est pas sur d’avoir le dessus sur Lalao. Donc sans jouer l’avocat du diable, pourquoi irait il prendre un tel risque alors qu’il suffit de quelques entourloupes pour bluffer l’ennemi (la CI) pour se maintenir au pouvoir et faire semblant d’essayer de résoudre les problèmes par des négociations.
Son jeu est finalement le plus sensé car depuis le début, reste fidèle à sa stratégie.

Ce qui n’est pas le cas de la CI et de la cohorte de courtisant qui cherchent en étant proche du pouvoir, à retirer quelques miettes de pouvoir, de notoriété et meme de finances… Quand le ciel est bleu, tout va parfaitement bien dans le meilleur des mondes. Quand le ciel s’assombrit, on passe dans l’autre camps en maudissant son précédent allié de tous les maux de cette terre. La CI et ces courtisants sont finalement tous les meme, car le mode de fonctionnement est identique. Alors quelle est la réponse à ma question d’introduction ?

En attendant, le monde est spectateur impuissant, voyant comme au cinéma la misère empirer, les agressions se multiplier. La vrai misère se ressent par le nombre croissant de mendiants attendant les poubelles de ces résidences de riches, car il y a encore de quoi manger, troquer ou vendre dans celles ci. On voit cette misère dans les agressions de coupes sauvages faite dans la foret exemple; réserve intégrale du Masoala. On ressent enfin cette misère dans le peu de confiance de la population envers les institutions et son administration.

Cette révolution de 2009 aura été le remplacement d’un homme ivre de pouvoir, par un homme ivre de puissance qui pour arriver à ses fins n’hésita par à détruire verticalement et horizontalement le peu de structure qui existait.

J’aimerai me tromper et faire comme tout ces moutons, croire que cette CES réussira son coup d’éviction, croire que la CENIT pourra sortir une date , croire encore que les mécontents ne descendront pas dans la rue et croire enfin que si tout ça était possible, les résultats des scrutins seraient acceptés par toutes les parties. Mais ce clichés dans enfants dans la poubelles, le peu de structures existantes dans les régions productrices de richesse, la dégradation des routes ou chemins entre les zones enclavés et les hôpitaux manar penitra, m’empêchent d’etre anesthésié comme tous les cupides et assoiffés de pouvoir.

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Time out ! #Mdg2013

Time out

Facile de parler et de critiquer disent ceux qui sont au pouvoir. Mais vous feriez quoi a leur place ? Très vraisemblablement la même chose…
L histoire a démontré que ce qui était dénoncé par les opposants sont reproduits en pire par la suite. Sauf que pour reproduire en pire, il faut trouver de la richesse à piller et des financements à détourner. Or cette fois la petite période de croissance qui suit chaque période de crise sera bien maigre car “chat échaudé craint l’eau froide”. Il ne sera pas évident d’injecter des finances extérieurs sans une traçabilité garantie.

Côté économique, après être rentre, il y a plusieurs mois dans une voie sans issue, Madagascar est arrivé au bout de l impasse. Les réserves de 900 à 1.000 M USD annoncées  il y a 6 mois, ne sont qu un lointain souvenir. Les réserves se comptent en mois d importation, or sans coup de baguette magique, il ne reste plus que le mini du mini, c est à dire, les besoins en riz et médicaments.
Cette politique de subvention qu’elle soit pour les pétroliers ou pour toute autre activité, le maintien artificiel d un taux de change pour reguler l’inflation, a fini par plonger le pays dans une banqueroute. Time is out ! L équipe du DJ tente de jouer les prolongations à coup de cartons de billets pour maintenir par la force et l’avidité des gens. Mais ils font face à un problème insoluble à leur échelle : La paralysie du système financier.
Il ne s agit plus ici de négocier quel taux préférentiel sera accordé aux pétroliers ou la proportion de subvention à accorder pour maintenir un prix de marche irréel. Il s agit de trouver les dollars ou les euros pour permettre le fonctionnement de l économie. PIB_voisinContraindre les entreprises détentrices de devises de vendre leurs réserves, pour permettre aux autres de les acquérir pour payer leurs fournisseurs à l extérieur, à déjà été fait ! La menace de dévaluation d envergure n a jamais été aussi grande. La machine déjà grippée, va finalement se bloquer car personne n acceptera de perdre 20 à 30 % de la valeur de ses actifs.
Il y a donc la une vrai opportunité pour mettre un terme a cette crise et enfin mettre en place un plan raisonnable accepté par presque tous, pour tenir ces élections et voir enfin le bout du tunnel… Pour cela, afin de sortir de cette léthargie meme pire cette hibernation, il faudrait un catalyseur.

Coté politique, cette période de vacance gouvernemental est plutôt productive contrairement à ce que l’on pensait. On a accouché assez facilement d’une nouvelle CES, un président et des membres tous pétris de bonnes intentions… Du moins en apparence. La réalité est que le gain de temps qu’a obtenu le DG auprès de la communauté, n’est qu’un prétexte pour asseoir son assise à la fois pour continuer cette transition et s’assurer de participer aux élections et se faire réélire à la méthode Mugabe (sauf pour l’âge). Tous les signaux d’alerte ont éveillé ses équipes sur la difficulté de la période à venir, certains de ces directeurs généraux l’on même fait par voie de presse (cf DGT), mais rien ne semble ébranler sa certitude qu’il maitrise la situation.galNoelRakotonandrasana_limoge
Sauf qu’aujourd’hui, l’élément qui manquait pour mettre le feu aux poudres vient de sortir de prison ! Celui-ci, amnistié, réhabilité dans ses grades, le Général Noel pourrait être le catalyseur évoqué plus haut. Son interview au lendemain de sa sortie en dit long sur l’amertume qu’il ressent de ces années de privation. Il pourrait être le symbole de cette frustration général et engager un réveil de frange de la population qui en a marre de cette situation.
Il ne faut en réalité pas grand chose rassembler suffisamment d’écoute pour faire trembler l’entourage militaire du Rajoelina. Le reste sera juste une confirmation de l’expression ‘les rats quittent le navire’

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L’énigme Malgache

Les dernières études menées par Afrobarometre ont  fait bondir les classes malgaches, qu’elles soient Bourgeoises, moyennes et même rurales. Le plus étonnant, c’est que cela semble surprendre d’apprendre qu’ à force de régresser, on finit par être la lanterne rouge des pays les plus pauvre de la planète. Nous reviendrons sur des commentaires à propos de chiffres sur cette situation. Mais je voudrais pousser la réflexion sur la nécessaire réforme de mode de penser et surtout du mode d’action. Ce petit  sursaut d’orgueil serait il le point de départ d’une prise de conscience que le peuple malgache mérite mieux que la dernière place en terme de pauvreté…

1. Un constat

Revenons maintenant sur ce mystère malgache. Les études menées depuis des dizaines d’années révèlent toute uniformément que Madagascar est sur un déclin régulier depuis la colonisation, depuis l’indépendance pour ne pas choquer le très susceptible lecteur. La combinaison du PIB par tête ainsi que du taux de croissance, démontrent la tentative de reprise économique post crise, mais surtout une tendance linéaire de récession depuis 50 ans.

PIB_Croissance

Source: INSTAT (2012) ; calculs des auteurs. Note : PIB par tête en FMG constant de 1984.

Diverses enquêtes sur la consommation des ménages permettent de démontrer que le niveau de vie des malgaches et leur pouvoir d’achat est en recul constant.

PIB et consommation par tête 1960-2010   PIB_conso

Taux de pauvreté 1960-2010Tx_pauvreté

Source : INSTAT, MADIO, DIAL, comptes nationaux et différentes enquêtes auprès des ménages

Traditionnellement, l’augmentation de la pauvreté est un des facteurs de recrudescence de violence et d’insécurité. Cependant, en comparant le ‘modèle’ malgache à d’autre pays du continent africain, il ressort que les actes de délinquance ont été marginaux jusqu’à ce jour en proportion du niveau de pauvreté. Je parle au passé car depuis quelque mois cette tendance de passivité semble laisser place à des agressions quotidiennes de plus en plus nombreuse (cf faits divers de la presse).

2. Une Histoire

Un retour à l’histoire avec un œil politique économique est indispensable pour comprendre cette dérive de Madagascar. Vous pardonnerez le raccourci pour ne pas être trop lourd, et long afin de passer rapidement des constats aux hypothèses de solution.

Avant la colonisation, l’aristocratie Andriana tirait la légitimité son pouvoir de l’héritage de leur descendance Royale. L’institutionnalisation de l’Etat et le développement du commerce font naitre les grande Familles Hovas couvrant les fonctions administratives, militaire et commerciales, sous une forme encore très féodale.

La colonisation et l’indépendance en 1960 transformèrent l’hégémonie Merina en permettant l’émergence d’une élite côtière, tout en s’appuyant  fortement sur les compétences Merina au sein de l’administration.

La période qui suivit 1972 correspond à la malgachisation de l’économie et de la société. L’ordre ‘sociale’ qui devait en découler est finalement resté dans la lignée des précédents avec une personnalisation du pouvoir et une forme très centralisée de l’administration. Un tournant libéral est intervenu en 1985 confirmant la naissance d un nouveau groupe de dirigeant autours du président monopolisant le pouvoir au détriment des anciennes élites qui sont resté toutefois à la périphérie du pouvoir économique.

La fin du règne Ratsiraka en 1991 marqua la tentative d’un régime parlementaire. Ce qui voulait être la fin d’un régime de personnalisation du pouvoir aboutit finalement à une recrudescence de partis ayant surtout des intérêts particuliers a défendre. Cette période affaibli encore l’Etat. Cela se termine par le retour de l’ancien président Ratsiraka qui s’empresse de raffermir le pouvoir présidentiel. Il instaure les provinces autonomes dans le seul but de verrouiller le pouvoir autour de son parti AREMA, loin des prétextes de décentralisation.

Une  période de croissance surtout urbaine grâce aux zones franches permis a une élite de sortir, en laissant le milieu rural dans l’indifférence totale. Pire encore, l’affichage ostentatoire de ces nouvelles richesses ont attiser le mécontentement des lésés par cette fracture sociale.

L’émergence d’un homme (Ravalomanana) ni noble, ni héritier, mais self made constitue l’espoir de cette classe déshéritée par les régimes qui se sont succédés. Dorénavant, le pouvoir pouvait être accessible à n’importe qui. Une nouvelle formule de l’accaparement clanique du pouvoir était née. Mais la personnalisation du pouvoir le mène au même chemin que ces prédécesseurs par ses abus d’autorité, le peu de discernement fonds publics et privés, l’accaparement des espaces publics et la monopolisation de secteurs économiques. La fracture au sein des militaires, ainsi que le clivage du à la concurrence des religieux conduisent les même forces d’opposition qui l’avait mené au pouvoir à son exil.

Nous sommes donc arrivé en 2009 ou le jeune DJ accède par la force au pouvoir. Pas besoin de vous raconter la suite …

 

Cette revue rapide de l’histoire longue montre que derrière les discours et les idéologies affichées qui ont pu varier dans le temps, le système et les pratiques au sommet de l’Etat ont peu évolué.

Il en ressort que la politique malgache est bâtie sur 2 piliers très solides :

“Traditions et continuité”

La genèse des crises varie finalement peu les unes des autres. En 1972, inégalité de développement, main-mise française, néocolonialisme. En 1991, aspiration démocratique des classes moyennes. En 2002, gouvernance démocratique, homme nouveau, fraudes électorales. En 2009, gouvernance, développement sans partage des richesses, clivage sociale

3.  Madagascar et ses démons

Il existe de nombreux facteurs de ralentissement du développement a Madagascar.

La fragmentation sociale est de loin celui qui est l’handicap majeur à une remise sur les rails. Nous avons vu précédemment que la tradition est un pilier du mode de fonctionnement malgache. La société est hiérarchisée, classée de manière inégalitaire selon ses origines héritées. Une culture qui persiste depuis toujours malgré les avancées politico-socio-économiques du pays. Le Fihavanana ne peut rien y faire tant il est ancré.

 

L’exclusion de la population rurale des orientations politiques est un frein. Malgres la faible densité de population, ils représentent pres de la moitié des individus qui sont exclus, a la fois du débat, mais aussi d’un quelconque avenir.

Interet_affaire public

Sources : Enquête Afrobaromètre, Coef-Ressources et Dial (pour Madagascar), 2008

Ces chiffres traduisent le peu d’interet que porte le monde rural sur les affaires publiques.

 

L’inertie sociale long terme ; on le voit par les chiffres ci-dessus, il est tres difficile pour une population rurale de se mobiliser pour un quelconque changement, tant ils sont marginalisés. Comment faire entendre sa voix si ce n’est par un chef traditionnel, instruit qui a accès à la ville. Ils sont d’autant plus désabusé que leur représentant se soucis peu de transmettre leurs aspirations.

 

L’instabilité politique est un des facteurs, issus avant du de la fragmentation sociale expliquée ci dessus. Il est très difficile aux groupes dirigés par des élites de former une coalition durable, car la personnalisation de leurs structures, basées sur la défense d’intérêts personnels varient très rapidement à l’image d’une fleur appelant les abeilles pour butiner… (image pour être poli !) Cette instabilité est d’autant plus renforcée que le lien étatique entre le président et la population est quasi inexistant.

 

Les bailleurs de fonds jouent un Rôle qui est aussi mal perçu par la population et ses dirigeants. Les orientations préconisées, ont une tendance à affaiblir leur image car leurs choix politiques n’ont pas toujours été couronnés de succès. Durant les 20 dernières années, les PAS (Plans d’ajustements structurels) n’ont pas démontré leur pertinence en terme de croissance. L’impact long terme a même été plutôt nocif : décrédibilisations du système étatique, précarisation de l’action publique.

4. Solution et conclusion

 Au travers les Elites : Certains voudraient qu’une des solutions serait d’inciter les Elites à s’organiser en faction pour un meilleur encrage dans la population. Faire régner leur autorité par la menace de l’usage de la violence et  la force. Un gage de retour à la stabilité par l’usage de la force !?! Grace à une stabilité retrouvée, infléchir leur politique pour un repartage des fruits du développement. Cela équivaudrait à un abandon d’un schéma démocratique en priorisant une stabilité.

 

Un retour aux institutions : Une autre solution serait de stimuler la reconstruction du corps intermédiaire de l’état qui est quasi inexistant. Profiter du peu de cohésions des élites entre elles, pour donner plus de voix au peuple et ainsi dynamiser la démocratie. Assurer la participation de la population au développement

 

Conclusion :

Il n’y a pas de solution durable sans intégrer cette donne culturelle évoquée au début de cette réflexion. Cette prise en compte de l’aspect sociale du problème est le gage du bon chemin quelque soit la solution choisie. Le dialogue, la compréhension mutuelle et surtout le pardon doivent être les modes opératoires et les valeurs d’ou émergeront les bases d’une sortie de crise. Il n’y a pas qu’un problème d’incompréhension entre malgache. Il y a aussi un problème de réconciliation du malgache à sa terre.

 

 

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